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Le blog de Reka, une bibliothécaire-documentaliste qui s’intéresse aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, aux stratégies documentaires, à la littérature, etc.

Genre et nombre, ponctuation et accentuation, accords et pluriels, règles et exceptions… Incorrigible Orthographe qui refuse de se laisser amender et n’a de cesse de vous confronter à ses excentricités. Faites le premier pas, apprenez à l’apprivoiser et vous maîtriserez bientôt l’art du bien écrire, juste et droit. « Déjouez pièges et chausse-trap(p)es, et orthographiez sans peur et sans reproche ! » Ne vous laissez plus surprendre par les espiègleries et autres malices de la langue française : complet, drôle et cultivé, ce livre vous mettra sur la voie du « zéro faute » en un clin d’oeil.
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Ouverture du livre et découverte
Je me réjouissais d’avance de la lecture de ce documentaire prétendu « drôle et cultivé », mais j’imaginais que la thématique serait abordée de façon bien plus légère et digestible que dans une grammaire véritable.
Or, en feuilletant le livre, mon premier regret a été de constater le manque d’originalité des titres et de la structure.
Traditionnels, académiques.
Si l’ouvrage contient quelques traits d’humour et illustrations (qui ne sont tout de même pas spécialement significatives ou récréatives), il n’empêche que le simple feuilletage de cet ouvrage peut donc susciter le découragement.
Round 1 : désappointement.
Révision et correction des a priori cumulés au cours du premier round en découvrant l’avant-propos qui demeure très attrayant. Présentant des citations délicieuses et des informations nouvelles qui m’ont mise en appétit pour la découverte des 200 pages qui suivaient, je me suis enchantée de l’acquisition de ce livre.
Round 2 : allégeance et engouement.
I B.A.BA de l’orthographe (Différentes catégories de mots, La ponctuation, L’accentuation, Le trait d’union et ses mystères)
Admettons qu’on ne sache pas… C’est fort, mais quand même, admettons…
Round 3 : engourdissement
A la suite du premier chapitre en arrive un deuxième (haha !) abordant le genre des mots.
L’auteure disserte, entre autres, sur la question du pourquoi tel genre pour tel mot (pourquoi chaise est-il devenu féminin, fauteuil masculin, …).
S’il y avait eu une quelconque possibilité que des réponses à de telles questions soient fournies, ce chapitre aurait sans nul doute été intéressant, mais ce ne sont là que des questions sans réponses, de l’encre inutile qui a coulé au point d’en rendre la lecture pénible.
Cette partie du livre inhibe définitivement l’effet sucré et appétissant de l’avant propos.
Perte de temps.
Round 4 : surcharge
Chapitre intéressant qui m’a permis de revoir et d’apprendre de nombreuses choses.
Néanmoins, problème dans les exercices proposés :
p. 129 : 8 questions, 7 réponses.
Round 5 : (malgré que j’aie pointé une deuxième faute dans les exercices1. ) redressement
p. 152 : « Maintenant qu’on connait toutes les catégories de mots, de genres, de nombre, il est temps de chercher à les associer pour former des groupes nominaux et verbaux ».
Pourquoi de tels propos froissent : « Madame Porée-Rongier, nous pensiez-vous vraiment analphabètes avant la lecture de votre ouvrage…? »
Ça n’a rien de présomptueux, je présuppose que les règles énoncées dans Fauteurs de troubles doivent être normalement connues ou, du moins, être partiellement retenues du lecteur qui se plonge dans cet ouvrage2 (les règles grammairiennes ne sont elles pas censées etre acquises ou presque vers l’âge de 12ans?)
Pourtant cet ouvrage n’est pas à la portée d’un public de 7-14 ans (public privilégié pour l’assimilation de ces règles)
Round 6 : collapsus
Round 7 : torpeur
Round 8 : abandon
En définitive, il est très difficile d’identifier à qui s’adresse cet ouvrage tant son niveau est inégal. Trop adulte pour être adressé à des adolescents, trop complexe pour être adressé à des étrangers, trop… dévalorisant (?) pour des adultes francophones (je maintiens qu’on est sous-estimés les 3/4 du temps !). L’avant-propos est soigné, cependant, il n’y a guère que cette partie du livre que j’aie lu avec plaisir et curiosité.
…
Merci aux éditions First (dont j’ai grandement préféré le petit livre d’Astrologie [de Rottier] paru il y a 6 ans) et à Babelio de m’avoir proposé cet ouvrage en lecture.

Chers vous tous,
Chères vous toutes,
Je me noie actuellement dans les caisses plutôt que dans les livres.
Entre changement d’emploi et de domicile, je … vasouille un peu1.
Beaucoup d’administratif, donc. C’est moins romanesque, mais ça fait du bien de varier les plaisirs
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Ce billet n’est (quasi) qu’un auto-rappel. Il a pour but de me rappeler les challenges auxquels je me suis inscrite, ainsi que les devoirs auxquels je vais devoir m’atteler bientôt :
01/12/2009 : Lecture commune avec Karine et Chiffonnette : Le soleil de Scorta / Laurent Gaudé : Reka a nullissimement échoué sa mission puisqu’elle est arrivée à la 28e page le jour dit (précisons qu’il y en avait 249).
Pardon, les filles…
31/12/2009 : Critique d’un livre reçu dans le cadre de l’opération Masse Critique (Babelio) : Fauteur de troubles : petit précis d’orthographe à l’usage des récalcitrants / Marie-Dominique Porée-Rongier
01/02/2010 : Lecture commune avec Theoma et Bouh : 1984 / Georges Orwell : Reka va faire son possible pour regagner le droit chemin et tenir ses engagements…
30/06/2010 : Les coups de coeur de la blogosphère (Theoma)
Si ça n’avait été dit (ça n’a pas été dit, je sais !), je m’engage à découvrir:
- L’histoire de L’amour / Nicole Krauss (il me faut absolument savoir qui aime et est aimé de mon petit Foer2 )
- Le coeur est un chasseur solitaire / Carson McCullers
31/12/2020 : 100 ans de littérature américaine (Bouh)
Bouh, je me suis engagée pour un mais si je relève et réussis le défi de Theoma, ça fera déjà deux, si je compte bien…
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A bientôt !

Ce n’est pas grand-chose, une semaine. Sept jours chez sa mère, avec les filles, pour faire le point. Sans lui. Rien de tragique, non. Juste souffler un peu. Vincent n’en revient pas : insidieusement, son épouse vient de le pousser à faire la même chose : retourner quelques jours au bercail. Sauf que lui n’a pas vu sa famille depuis dix ans. Dix ans qu’il a quitté pour Londres – où il a réussi – cette petite province française où il dépérissait. Dix ans qu’il a quitté Jérôme, ce frère trop sage, et les copains, Olivier, Fanny, Étienne… Les souvenirs sont douloureux où se mêlent l’ennui, l’abandon, l’ingratitude. Car Vincent a fait plus que les quitter : il les a lâchés. Ces petites vies communes où les rêves ne se débattent même plus. Ils lui en veulent mais lui cachent leur chagrin. Perdu dans sa propre identité de frère, de fils, d’amant, d’ami, Vincent voit la semaine s’étirer. Et toujours ce même air, lancinant, qui résonne, et qui n’est pas une chanson d’amour…
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A l’origine, un break. Elle, Susan, ressent l’envie de se faire dorloter comme au temps de son insouciante adolescence. Sa décision est donc prise, elle partira dès demain avec leurs filles chez ses parents à elle, pour une semaine.
Lui, Vincent, digère assez mal la nouvelle. C’est sans plaisir qu’il va choisir de regagner, lui aussi, le logis parental. Ce sera l’occasion de renouer avec la famille, les amis, et peut-être de parvenir à se faire pardonner sa négligence. Mais après dix années de silence et d’absence, l’eau a coulé sous les ponts. Vincent va, en une semaine, crouler petit à petit sous le poids de vérités insoupçonnées…This is not a love song aborde des sujets difficiles tels que l’identité, l’amour, l’amitié, l’adultère, le suicide. Jean-Philippe Blondel les traite avec justesse et brio.
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L’écriture de Jean-Philippe Blondel est limpide, efficace, séduisante, surprenante. Tantôt touchante, tantôt mordante où il faut, quand il faut. Elle s’imprègne. Le style propre à l’auteur est remarquable et permet une immersion fulgurante. Je doute qu’il laisse des lecteurs indifférents.
J’ai découvert Jean-Philippe Blondel grâce à son premier roman Accès direct à la plage. Celui-là ne m’avait guère convaincue : trop de personnages, trop d’époques, je m’étais perdue au point d’achever ce livre comme on se hâterait de finir une corvée.
Puis j’ai récemment lu des critiques concernant les derniers romans de Blondel sur plusieurs blogs (Karine, [Caro]line, …). Je caressais la velléité de retenter le coup avec Un minuscule inventaire lorsque This is not a love song m’est tombé entre les mains.
La quatrième m’a plu, les premières lignes aussi.
Et puis la suite, la fin, le tout.
Que dire de plus, vraiment? J’ai dévoré, et je vous le recommande.

« On fait avec le vieux parent comme on a fait avec ses enfants : on voudrait qu’il mène une vie saine, fasse du sport, ait de bons amis, se porte bien et ne vous colle pas aux basques. On fait ce qu’on sait faire. On devient tyrannique. » C’est la maison de retraite. Il y a les dames, le directeur, le docteur, la coiffeuse, l’aimable monsieur B. et le très aimable monsieur des pompes funèbres. Il y a la mère, et la fille qui vient en visite. Et aussi les amis et les proches. Il y a l’hôte secret, que nul ne doit regarder, le corbeau qui contemple de son oeil noir cette ultime comédie des vivants, et attend son heure.
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Pierrette Fleutiaux1 expose sa relation avec sa mère devenue vieille, et les sentiments que font naître les derniers moments partagés (ceux qui font suite à son arrivée en maison de retraite). Plus largement, elle exprime son ressenti face au « déclin » (sic) de sa mère et à l’approche de son décès.
Devant les activités ordinaires – pour ne pas dire banales2 – qu’ensemble, mère et fille accomplissent, la « narratrice » tangue sentimentalement, manifestant tantôt de l’impatience et de l’irritation, tantôt une admiration inouïe pour cette dame qui, paradoxalement à son affaiblissement, garde en elle un charme, une force, une vie insoupçonnés3.
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Une écriture dense, riche, intime et féminine. J’ai encadré de nombreux extraits. Cependant, le style de P. Fleutiaux est alourdi, plombé, à l’image de cet écho engendré par sa confrontation avec la vieillesse et la mort.
Ce livre est puissamment intime, c’est la raison pour laquelle j’éprouve de grandes difficultés à formuler une critique. J’aurais eu envie de prendre ce que l’auteure avait à donner sans le moindre jugement. Hélas, je ne peux me soumettre à un exercice aussi difficile que… la neutralité. Parce que je suis ainsi faite – j’entends dotée d’une fichue subjectivité -, je ne peux dès lors qu’exprimer ce que ce livre a éveillé en moi avec le plus de tact et de respect possible4.
Pierrette Fleutiaux exprime dans ce livre un étrange cocktail de sentiments, chargé en contradictions et ambivalences. Sa mère vieillie lui inspire en effet un mélange d’attirance et de répulsion. Cette impression m’a semblé infiniment réaliste, dénuée de toute hypocrisie.
L’écriture de l’auteure est par ailleurs très esthétique. Cependant, je n’ai pu m’empêcher de rapprocher la prose de Pierrette Fleutiaux à celle de Françoise Chandernagor. Elles traitent toutes deux de sujets sinistres et noirs, mais Chandernagor me séduit infiniment plus. L’écriture de Fleutiaux a le tort d’être dense (trop) et, surtout, répétitive. Les scènes qui réunissent mère et fille sont très similaires, et les sentiments de la « narratrice » évoluent de façon identique tout au long du roman : l’agacement laisse constamment place à une admiration renversante…
A vrai dire, Des phrases courtes, ma chérie n’a pas la puissance et les qualités que j’espérais. J’attendais d’être émue aux larmes. J’attendais de ce livre qu’il me retourne les tripes. Mais ce témoignage ne mène même pas crescendo vers un lien filial toujours plus profond, palpable, fiévreux. Les mêmes sentiments contradictoires virevoltent et se déchaînent de la même façon durant plus de 200 pages.
En définitive, ce livre aurait, à mes yeux, peut-être gagné à être plus bref, sans pour autant qu’on en écourte les phrases…
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« Quel étrange renversement, moi qui voulais qu’elle s’en aille sans bruit, sans lutte, sans souffrir (c’est à dire sans me déranger) et maintenant je bataille contre cet évanouissement, je m’acharne pour ramener sa lutte sous les yeux des vivants… et je n’ai pas de mélodie, que des mots qui me gênent, n’accrochent que de pauvres objets et des instants disparates, et aucun n’a d’élan pour s’élever, s’enlacer à d’autres et nous emporter, elle et moi, dans un grand chant, un vrai roman. Ils secouent la tête, refusent obstinément, do not want to go gentle into a novel, rétifs. » (P. 174-175).

Ce livre a été lu dans le cadre d’une lecture commune avec Karine qui n’a pas, elle non plus, été très réceptive même si ce ne fut pas pour les mêmes raisons que moi !
PS : Des phrases courtes, ma chérie a obtenu le Prix national des bibliothécaires en 2002.
Attendez, hein ! ;)
Vous avez dit…