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This is not a love song / Jean-Philippe Blondel

Ce n’est pas grand-chose, une semaine. Sept jours chez sa mère, avec les filles, pour faire le point. Sans lui. Rien de tragique, non. Juste souffler un peu. Vincent n’en revient pas : insidieusement, son épouse vient de le pousser à faire la même chose : retourner quelques [...]

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Le blog de Reka, une bibliothécaire-documentaliste qui s’intéresse aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, aux stratégies documentaires, à la littérature, etc.

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Des phrases courtes, ma chérie / Pierrette Fleutiaux

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:left: « On fait avec le vieux parent comme on a fait avec ses enfants : on voudrait qu’il mène une vie saine, fasse du sport, ait de bons amis, se porte bien et ne vous colle pas aux basques. On fait ce qu’on sait faire. On devient tyrannique. » C’est la maison de retraite. Il y a les dames, le directeur, le docteur, la coiffeuse, l’aimable monsieur B. et le très aimable monsieur des pompes funèbres. Il y a la mère, et la fille qui vient en visite. Et aussi les amis et les proches. Il y a l’hôte secret, que nul ne doit regarder, le corbeau qui contemple de son oeil noir cette ultime comédie des vivants, et attend son heure. :right:

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:ap:

:fond: Pierrette Fleutiaux1 expose sa relation avec sa mère devenue vieille, et les sentiments que font naître les derniers moments partagés (ceux qui font suite à son arrivée en maison de retraite). Plus largement, elle exprime son ressenti face au « déclin » (sic) de sa mère et à l’approche de son décès.

Devant les activités ordinaires – pour ne pas dire banales2 – qu’ensemble, mère et fille accomplissent,  la « narratrice » tangue sentimentalement, manifestant tantôt de l’impatience et de l’irritation, tantôt une admiration inouïe pour cette dame qui, paradoxalement à son affaiblissement, garde en elle un charme, une force, une vie insoupçonnés3.

:forme: Une écriture dense, riche, intime et féminine. J’ai encadré de nombreux extraits. Cependant, le style de P. Fleutiaux est alourdi, plombé, à l’image de cet écho engendré par sa confrontation avec la vieillesse et la mort.

:br:

Ce livre est puissamment intime, c’est la raison pour laquelle j’éprouve de grandes difficultés à formuler une critique. J’aurais eu envie de prendre ce que l’auteure avait à donner sans le moindre jugement. Hélas, je ne peux me soumettre à un exercice aussi difficile que… la neutralité. Parce que je suis ainsi faite – j’entends dotée d’une fichue subjectivité -, je ne peux dès lors qu’exprimer ce que ce livre a éveillé en moi avec le plus de tact et de respect possible4.

Pierrette Fleutiaux exprime dans ce livre un étrange cocktail de sentiments, chargé en contradictions et ambivalences. Sa mère vieillie lui inspire en effet un mélange d’attirance et de répulsion. Cette impression m’a semblé infiniment réaliste, dénuée de toute hypocrisie.

L’écriture de l’auteure est par ailleurs très esthétique. Cependant, je n’ai pu m’empêcher de rapprocher la prose de Pierrette Fleutiaux à celle de Françoise Chandernagor. Elles traitent toutes deux de sujets sinistres et noirs, mais Chandernagor me séduit infiniment plus. L’écriture de Fleutiaux a le tort d’être dense (trop) et, surtout, répétitive. Les scènes qui réunissent mère et fille sont très similaires, et les sentiments de la « narratrice » évoluent de façon identique tout  au long du roman : l’agacement laisse constamment place à une admiration renversante…

A vrai dire, Des phrases courtes, ma chérie n’a pas la puissance et les qualités que j’espérais. J’attendais d’être émue aux larmes. J’attendais de ce livre qu’il me retourne les tripes. Mais ce témoignage ne mène même pas crescendo vers un lien filial toujours plus profond, palpable, fiévreux. Les mêmes sentiments contradictoires virevoltent et se déchaînent de la même façon durant plus de 200 pages.

En définitive, ce livre aurait, à mes yeux, peut-être gagné à être plus bref, sans pour autant qu’on en écourte les phrases…

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:ex:

« Quel étrange renversement, moi qui voulais qu’elle s’en aille sans bruit, sans lutte, sans souffrir (c’est à dire sans me déranger) et maintenant je bataille contre cet évanouissement, je m’acharne pour ramener sa lutte sous les yeux des vivants… et je n’ai pas de mélodie, que des mots qui me gênent, n’accrochent que de pauvres objets et des instants disparates, et aucun n’a d’élan pour s’élever, s’enlacer à d’autres et nous emporter, elle et moi, dans un grand chant, un vrai roman. Ils secouent la tête, refusent obstinément, do not want to go gentle into a novel, rétifs. » (P. 174-175).

lecco

Ce livre a été lu dans le cadre d’une lecture commune avec Karine qui n’a pas, elle non plus, été très réceptive même si ce ne fut pas pour les mêmes raisons que moi !

PS : Des phrases courtes, ma chérie a obtenu le Prix national des bibliothécaires en 2002.

  1. Il semblerait que ce soit P. Fleutiaux en personne qui s’exprime dans ce livre. Elle y parle d’elle en tant qu’écrivain : « Je ne suis bien que dans la fiction, et la plus éloignée possible du témoignage. [...] Mais ma mère ne se laisse pas faire, je ne peux la faire entrer dans un roman. » Comme la quatrième de couverture ne m’indiquait pas qu’il ne s’agissait pas d’une fiction, je me suis demandé jusqu’au bout si P. Fleutiaux se serait vraiment risquée à réaliser un témoignage aussi viscéral, personnel ; s’il s’agissait d’une autobiographie ou d’un simulacre… Mais il semblerait que ce ne soit effectivement pas un « roman ». []
  2. Achat d’une robe, rendez-vous chez le coiffeur, etc. []
  3. Ceci n’est pas une phrase courte :p []
  4. C’était mon intention et, après relecture de ce billet, je ne suis pas certaine d’y être parvenue. Je le regrette… []

Petits suicides entre amis / Arto Paasilinna

:3:
:stop:

:re:

:left: «Songez-vous au suicide ? Pas de panique, vous n’êtes pas seul. Nous sommes plusieurs à partager les mêmes idées, et même un début d’expérience. Écrivez-nous en exposant brièvement votre situation, peut-être pourrons-nous vous aider. Joignez vos nom et adresse, nous vous contacterons. Toutes les informations recueillies seront considérées comme strictement confidentielles et ne seront communiquées à aucun tiers. Pas sérieux s’abstenir. Veuillez adresser vos réponses Poste restante, Bureau central de Helsinki, nom de code « Essayons ensemble ».» Deux suicidaires se retrouvent fortuitement dans une vieille grange où ils souhaitaient partir tranquilles. Entravés dans leurs funestes projets, ils se mettent en tête de rassembler d’autres désespérés pour monter une association. Commence alors, à bord d’un car de tourisme flambant neuf, un périple loufoque mené à un train d’enfer, des falaises de l’océan Arctique jusqu’au cap Saint-Vincent au Portugal pour un saut de l’ange final. Un récit désopilant doublé d’une réflexion mordante sur le suicide. :right:

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:ap:

:fond: Onni Relonnen et Hermanni Kempainnen ont envisagé de se donner la mort le même jour, à la même heure et au même endroit. Ces velléités communes leur ont permis de se rencontrer et de tisser très rapidement une amitié. Ce n’est toutefois pas ce qui annihile leur envie d’en finir. Au contraire, leur vient l’idée de publier une annonce visant à rassembler les suicidaires de Finlande1 pour que l’acte soit réalisé dignement… et en groupe. Mais quelle n’est pas la surprise des deux individus de constater que près de six cents candidats ont répondu à leur invitation !

Retournement de situation : Relonnen et Kempainnen se sentent subitement responsables de la survie de plusieurs centaines d’êtres humains… Cependant, les suicidaires n’entendent pas se laisser convaincre de prolonger leur navrante existence. A la suite d’un colloque très alcoolisé, ces derniers vont d’ailleurs désigner le colonel Kempainnen comme guide et responsable de leur groupe, lui confiant la mission de les mener tous ensemble aux portes de l’enfer. De ce rassemblement résultera le projet d’un voyage en car vers le sud, voyage au terme duquel devront advenir les funestes perpectives de tous ces candidats au suicide…

:forme: S’agit-il de la plume de Paasilinna ou de la traduction qui a été faite de ce roman ? J’ai trouvé l’écriture grossière. La narration de cette histoire m’a paru sans saveur…

:br:

Je n’ai adhéré ni au style, ni à l’histoire, ni à l’atmosphère. Il faut dire que le roman regorge de personnages qui, en plus de pâtir de noms aussi illisibles qu’imprononcables2 pour la pauvre latine que je suis, se multiplient de chapitres en chapitres.

Ma mémoire a rechigné catégoriquement à enregistrer le destin subi par chacun des suicidaires ainsi que le nom et les caractéristiques qui leur étaient propres… La pluralité de personnages au sein du roman n’a cependant pas été le moteur de mon déplaisir, car la déception a immergé dès les premiers chapitres, où seuls figuraient Rellonen et Kempainnen…

Le problème de ce roman, c’est qu’il ne comprend que des faits.
Rien n’est approfondi. Même pas l’histoire personnelle des personnages  ou leur psychologie : quelques paragraphes ou quelques pages suffisent à dresser un portrait. Qu’y trouve-t-on? : leur profession, leur attitude générale, et la cause de leur désarroi, brossée vite fait. Bref, inutile de dire que ce roman n’est pas pour créer l’empathie. Mais lorsque le style m’est hostile, et que les personnages d’un roman sont esquissés de façon si évasive qu’on les confondrait avec feuilles blanches, que reste-t-il… ? Pour moi, rien. Rien pour me séduire. M’accrocher à ces personnages avait tout d’une mission impossible : en vérité, ils disparaissaient de mon esprit aussitôt le chapitre en cours achevé…

Mon imagination, désoeuvrée, s’est plainte de ne pas même trouver une brêche dans laquelle s’immiscer pour s’animer un rien. Il n’y avait qu’à assimiler, tant et plus, qui était qui, avait vécu quoi et participé de quelle manière au périple,
Mes tripes ont pleuré de ne pas pouvoir souffrir aux côtés des acteurs du roman. Confrontées à du vide, privées de compassion, passives, elles ont pâti d’un ennui innommable.

On dit de ce roman qu’il est désopilant, cynique, bien mené ; je l’ai trouvé malsain, grotesque, insipide, harassant (pardon, j’y vais sec !).
Rongée par l’écoeurement3, j’ai choisi d’interrompre le supplice à mi-course… Et, seigneur, quel soulagement !

lecco

Ce livre a été lu à l’occasion d’une lecture commune avec Bladelor. J’espère qu’elle aura apprécié ce roman beaucoup plus que moi… :/

  1. La Finlande est, si l’on en croit l’auteur, un pays où le désespoir et la morbidité demeurent des ressentis fondamentalement tabous. []
  2. Des noms où sont redoublées les consonnes, les voyelles, et où les tréma pleuvent sur chaque mot []
  3. J’ai traîné cette lecture tel un boulet durant près de deux semaines… []

Un tag

A mon tour d’être tagguée pour ce questionnaire qui m’avait beaucoup plu chez Daniel Fattore. Merci, Céline !

  1. A quel livre dois-tu ton premier souvenir de lecture?
    J’ai quelques souvenirs de couvertures, mais je ne me souviens plus des titres. A 6 ans, je me rappelle néanmoins avoir reçu en cadeau un roman de l’école des loisirs (Marie est amoureuse de Samuel) et l’avoir pas mal apprécié…
  2. Quel est le chef-d’œuvre «officiel» qui te gonfle?
    J’en cite deux, n’étant pas sûre que le premier soit déjà considéré comme un « chef d’œuvre officiel » (il s’agit certes d’un best seller, mais…) : L’ombre du vent, de Carlos Ruiz Zafon, et L’œuvre au noir de Marguerite Yourcenar
  3. Quel classique absolu n’as-tu jamais lu?
    Il y en a une flopée !
    Les misérables
    , de Victor Hugo, entre autres…
  4. Quel est le livre, unanimement jugé mauvais, que tu as «honte» d’aimer?
    J’avoue avoir apprécié Et si c’était vrai de Marc Lévy, auteur unanimement décrié par les critiques…
  5. Quel est le livre que tu as le sentiment d’être la seule à aimer?
    La chambre, de Françoise Chandernagor. Tous ceux à qui je l’ai recommandé m’ont traitée de barjo et ne sont pas même arrivés à la moitié… :(
  6. Quel livre aimerais-tu faire découvrir au monde entier?
    Extrêmement fort et incroyablement près, de Jonathan Safran Foer ! :)
  7. Quel livre ferais-tu lire à ton pire ennemi pour le torturer?
    99 francs, de Frédéric Beigbeder, Le théorème du Perroquet de Denis Guedj ou Les caves du Vatican d’André Gide, je me tâte…
  8. Quel livre pourrais-tu lire et relire?
    Extrêmement fort et incroyablement près, de Jonathan Safran Foer ! :D
  9. Quel livre faut-il lire pour y découvrir un aspect essentiel de ta personnalité?
    Extrêmement fort et incroyablement près, de Jonathan Safran Foer…
  10. Quel livre t’a fait verser tes plus grosses larmes?
    La route, de Cormac McCarthy
  11. Quel livre t’a procuré ta plus forte émotion érotique?
    Eh bien, euh? Sincèrement, aucun.
  12. Quel livre emporterais-tu sur une île déserte?
    Extrêmement fort et incroyablement près, de Jonathan Safran Foer ! :o (on va croire que je n’ai lu qu’un livre dans la vie, c’est terrible, ce test…)
  13. De quel livre attends-tu la parution avec la plus grande impatience?
    Le troisième de Jonathan Safran Foer (pourvu qu’il ressemble davantage à son second qu’à son premier…)
  14. Quel est selon toi le film adapté d’un livre le plus réussi?
    Les noces rebelles / Sam Mendes (dont j’ai trouvé le film meilleur que le roman (La fenêtre panoramique / Richard Yates)), ainsi que La jeune fille à la perle, de Tracy Chevalier (auteur) / Peter Webber (réalisateur). Ce sont deux films éblouissants sur le plan esthétique !

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Et hop, je passe le relais à Rethymna, Theoma et Leiloona ! :)

Ce n’est pas sérieux…

Et voilà. Je ne sais quel démon m’a pris, je m’y suis rendue.
… A nouveau.

Ils se tenaient là, déterminés et fiers.
Ils savaient d’avance que j’allais coopérer…

Je ne mentirai pas : je ne me suis pas débattue…
D’avance, j’ai cru en leur beauté intérieure, et je les ai recueillis.

… Mais c’est ni plus ni moins une catastrophe. A un rythme de 5 livres lus, 12 achetés1, comment voulez-vous qu’ils ne finissent pas tôt ou tard par me faire la guerre, mes adoptés?!

Ils sont aujourd’hui au nombre de 64, et je n’ai plus de place sur mes étagères.

Le constat est évident, mes amis…
La situation m’échappe TOTALEMENT ! :|

  1. Enfin, je n’en ai acheté que 8, les 4 autres m’ayant été offerts par un vil personnage qui me veut du mal mon amoureux. Ceci expliquant cela et constituant par ailleurs une occasion de l’en remercier une fois de plus :) []

  Attendez, hein ! ;)