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Categorie '*** | J'ai apprécié'

Je ne sais plus pourquoi je t’aime / Gabrielle Zevin

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:re:

:left: Je suis en train de descendre l’escalier du lycée et la seconde d’après, je tombe la tête la première. Quatre années de ma vie s’effacent et à mon réveil à l’hôpital, James Larkin me sourit. Il sent la fumée de cigarette, les draps fraîchement lavés, laissés à sécher au soleil. Évidemment je tombe folle amoureuse. Je nage dans un brouillard heureux. Mais la vie ne peut pas continuer comme ça. Amnésique ou pas, il faut que je sache quel genre de fille j’étais avant. Je me lance alors dans une enquête sur moi-même. Qui es-tu vraiment, Naomi Porter ? :right:

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:ap:

:fond: A la suite d’une chute dans un escalier du lycée, Naomi Porter, 17 ans, voit s’effacer de sa mémoire les quatre dernières années de sa vie. Il lui faut donc réapprendre qui étaient son petit copain, ses amis, redécouvrir son mode de vie et redigérer d’assez douloureuses nouvelles tels le divorce de ses parents et leur remariage respectif.
Avant tout à la recherche de son identité, Naomi se surprend bientôt à ne pas cautionner du tout le comportement de la fille qu’elle était avant son trauma crânien.
Ne tolérant pas sa superficialité d’antan et remettant en cause ses choix et même ses amitiés, la jeune fille va opérer quelques changements assez radicaux dans sa vie : une rupture avec Ace (son petit ami sportif irresponsable et enclin aux beuveries), un abandon du tennis (qu’elle pratiquait avec Ace) et de la photographie (son option scolaire à laquelle elle se dévouait plus qu’il ne le fallait), une initiation au théâtre qui va lui permettre de faire de nouvelles rencontres, de tisser des liens avec plusieurs personnes, à commencer par James qu’elle avait soit dit en passant rencontré à la suite de sa chute au lycée puisqu’il l’avait accompagnée à l’hôpital en ambulance, ayant été le seul témoin de son collapsus…
Naomi ne va pas tarder à s’enticher de ce ténébreux James au point d’en délaisser délibérément son meilleur ami Will Landsman, et même le reste…

Ce roman pour ados aborde les questions sensibles à l’adolescence tels l’amour, l’amitié, la quête d’identité, mais aussi des sujets plus spécifiques et épineux tels les familles recomposées/remariages ou encore l’orphelinat1.

:forme: La plume de Gabrielle Zevin est agréable (sans plus). L’auteure se met dans la peau de Naomi, une adolescente qui raconte sa vie comme le ferait n’importe quelle adolescente. Ce roman se lit très facilement et rapidement, il est donc tout à fait indiqué pour les jeunes gens qui ne sont pas encore tout à fait devenus des lecteurs compulsifs ou race apparentée – ;) -, mais il convient sans doute aussi parfaitement pour les adolescents intéressés par des histoires d’adolescents qui sont déjà de vrais dévoreurs de bouquins (oui, oui !).

:br:

C’est à la suite de la lecture de ce billet très élogieux de Clarabel que l’idée de lire Je ne sais plus pourquoi je t’aime m’a fortement enjouée.
Il faut dire qu’il traitait d’une thématique à laquelle je suis sensible, à savoir le comportement des adolescents vis-à-vis de l’alcool. En ça, il m’a fait un peu penser, avant même que je ne l’ouvre, à Moi, Charlotte Simmons de Tom Wolfe. Toutefois, ce roman et celui de Wolfe ne sont absolument pas comparables. D’abord parce que celui-ci est à destination des adolescents, et celui de Wolfe, clairement à destination des adultes2.
Bref, j’avoue avoir fortement espéré que ce sujet soit bien plus précisé qu’il ne l’était, mais ça n’était pas le cas.
En vérité, les problématiques qui, dans ce livre, apparaissent comme étant les plus graves (l’orphelinat, le binge-drinking chez les jeunes) sont aussi celles qui sont abordées le plus superficiellement. L’on se doute cependant qu’un roman à destination des adolescents n’est nullement censé être moralisant ou effrayant. Qu’il fasse l’effet d’une brique dans l’estomac contribuerait effectivement à diminuer ou anéantir le plaisir de lire… et ça n’est certainement pas le but ! Je prends donc sur moi mes petites frustrations à la noix… ;)

Bref. Dans l’ensemble, il s’est agi d’une lecture plutôt plaisante, bien qu’elle m’ait progressivement déçue à mesure que la fin approchait (trop de comportements… « adolescents », trop de prévisibilité !). Mon enchantement n’aura pas égalé celui de Clarabel, mais j’avoue tout de même avoir passé un bon moment, léger et divertissant.

  1. Ce sujet tient une place si dérisoire au sein du roman que j’ai cependant oublié d’en parler dans mon résumé de l’histoire… Vous l’apprendrez donc ici, sachez que Naomi Porter est une enfant adoptée. []
  2. Le premier, plein d’espoir, tend vers un assainissement progressif tandis que l’autre, plus réaliste, tend vers une dégénérescence malheureuse… []

Les hommes en général me plaisent beaucoup / Véronique Ovaldé

:6:

:re:

:left: Cette nuit, Lili n’entend plus le bruit des animaux. Dans un demi-sommeil, elle se lève. Accroupie dans l’herbe, protégée par le feuillage du jardin, elle voit soudain passer les girafes, les éléphants, les tatous. Immobile sous la lune, Lili observe puis retourne se coucher auprès de son mari. Dans un silence de songe plus rien ne bouge. Au matin la vie reprend. Tout est en place, en équilibre. Mais, au coeur de cet été de chaux vive, il faut cependant vérifier, vérifier que les animaux du zoo sont rentrés. En s’approchant des cages Lili perçoit une silhouette, une ombre, un miroitement et, très vite, l’odeur incandescente du désir lui revient en mémoire… Roman d’amour et de dépendance, ce livre explore la folie du désir comme autant de lumières qui scintillent et qui claquent. Car dans les villes comme dans les zoos une musique résonne parfois délicatement : le très léger bruissement de l’enfance… :right:

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:ap:

:fond: La quatrième de couverture est pour le moins brumeuse. Elle ne permet pas au lecteur de comprendre de quoi il est question dans ce livre… Et pourtant, le mystère n’est franchement pas le bienvenu, parce que les sujets qui y sont abordés sont on ne peut plus durs… :

Lili partage la vie et le lit de Samuel, un homme bienveillant qui l’a sortie de prison. Alors que le calme semble avoir refait surface dans l’existence de la jeune femme, réapparaît Yoïm, celui qui a participé à son enfermement et à son déclin dès l’enfance.

Cette enfance est la sienne :
Lili et son jeune frère ont perdu leur mère et sont laissés à l’abandon par leur père durant des semaines. Reclus dans un appartement, les enfants ont très vite fait d’accepter bien volontiers n’importe quel secours, n’importe quelle présence. C’est à ce moment-là que Yoïm, adulte d’âge avancé, fait son apparition dans la vie de Lili. Cette venue sonne pour elle comme une libération même si cet homme la soumet au stupre dès l’âge de 14 ans, même s’il fait d’elle sa pute et celle des autres, même s’il la dresse à coups de stupéfiants…

Lili a aimé cet homme sincèrement. Depuis son retour, elle se subordonne à ses souvenirs qui refont surface. Ses souvenirs qui traînent avec eux les relents d’un érotisme morbide, et la dépendance…
Yoïm, lui, n’a d’autre but que de venir cueillir Lili à nouveau.

:forme: La plume de Véronique Ovaldé est toujours très recherchée. Elle exprime avec une drôle de légèreté des sujets d’une lourdeur alarmante. Elle évacue la laideur en douceur ; le cru et l’obscène avec lenteur.

Elle a le don de manier le verbe et d’envoûter le lecteur. De l’enfermer dans un monde qui est pourtant aux antipodes du sien, de lui donner même l’impression de vivre le récit, de penser les souvenirs de Lili comme s’ils étaient siens.

:br:

Après avoir été séduite par Déloger l’animal, une autre œuvre de Véronique Ovaldé, je m’étais promis de ne pas m’arrêter en si bon chemin et de perpétuer la découverte de l’univers de cette auteure.

Cette dernière lecture m’a un tout petit peu moins enthousiasmée que la précédente. Il faut dire que la thématique est beaucoup plus dure que dans Déloger l’animal. Aussi, il m’a fallu du temps pour m’immerger totalement dans le récit. Tellement de temps que je ne pensais pas pouvoir trouver le courage de le finir au départ1.

J’ai rencontré quelque difficultés à faire face à l’impudence et aux mots crus de Lili : ils salissaient brusquement l’atmosphère cotonneuse inspirée par la langueur de la narratrice.
Son déséquilibre a, de temps à autres, eu tendance à me figer mais j’ai tout de même fini par l’apprivoiser au point de m’entendre parler comme elle – avec ce rythme lent comme une berceuse -, à l’intérieur.

Je ne lâche pas Véronique Ovaldé. Je continuerai à découvrir ses autres titres avec acharnement. Il faut pouvoir profiter d’un tel talent. Même si ce livre ne m’a pas autant plu que le précédent, je suis et reste conquise.

  1. J’ai plongé complètement à mi-chemin, ce qui n’est pas tant rébarbatif puisque ce roman ne fait que 130 pages… []

La souris bleue / Kate Atkinson

:6:

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:left: Un détective privé enquête à Cambridge sur des affaires criminelles dont le mystère n’a jamais été éclairci. Il doit remonter à des événements antérieurs, souvent très lointains, pour suivre les traces de la mystérieuse « souris bleue ». Les intrigues sont situées dans des milieux sociaux très divers, allant de la classe ouvrière à la gentry . Les drames les plus poignants alternent avec les épisodes désopilants. On retrouve le regard caustique de Kate Atkinson sur notre monde moderne, la télévision et la « néfaste food », entre autres. Anticipations et retours en arrière tiennent le lecteur en haleine. Les maux de notre société, l’amour parental avec ses excès et ses carences sont dépeints avec une étonnante âpreté de ton. :right:

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:ap:

:fond: Cette histoire met en scène une série de personnages dont Jackson Brodie est l’acteur principal. En effet, en tant que détective privé, ce dernier va se voir chargé de plusieurs affaires – meurtres et disparitions – qu’il va tenter d’élucider.

Julia et Amelia Land viennent vers l’inspecteur Brodie après avoir découvert, en rangeant les affaires de leur père récemment décédé, Souris bleue, la peluche d’Olivia, la benjamine des filles Land qui a disparu 34 ans plus tôt… Comment expliquer que leur père détenait cette peluche pourtant disparue en même temps que leur petite soeur adorée?

Theo Wyre, père de deux filles, a découvert le corps poignardé de sa préférée, Laura, en arrivant sur son lieu de travail. Dix ans après la mise en terre de celle-ci, la police n’a toujours pas mis la main sur l’assassin de sa fille. Theo interpelle Jackson Brodie dans l’espoir de voir ce mystère bientôt résolu…

Michelle Morrison, dont la condition d’épouse et de mère au foyer fâche, se résout à reprendre sa vie en main et à étudier afin de réussir les « A-levels », qui lui permettront d’accéder à l’université. Alors qu’elle parvient, un beau jour, à goupiller merveilleusement son emploi du temps – le repas est prêt, l’enfant dort, elle étudie -, son mari débarque bruyamment, éveille l’enfant en sursaut qui se met à hurler. A bout de nerfs et hystérique, Michelle se surprend à fracasser le crâne de son mari Keith à coup de hache…

Voici trois affaires à démêler. Mais c’est sans compter les autres personnages qui prennent vie dans ce roman : Binkee Rain, Quintus, Caroline, Jonathan, John Burton, Shirley, Emma, Stan Jessop, etc.

:forme: La souris bleue est un roman dont la traduction, par Isabelle Caron, est franchement réussie. Tour à tour désopilant et intrigant, ce roman se laisse découvrir avec assez bien de plaisir.

:br:

Kate Atkinson demeure l’un des auteurs fétiches de mon amie Rethymna.
Voilà trois ans qu’elle m’encourageait à découvrir ses romans, et comme pour me forcer à rompre avec mon impassibilité (les quatrième de couverture des œuvres de Kate Atkinson ne m’interpellaient aucunement), elle m’a offert La souris bleue à l’occasion de mon dernier anniversaire… Énorme risque s’il en était après ce cuisant désaccord qui nous opposait depuis L’ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon (elle aimait, moi pas) ! ;)

Ce roman est un mélange de genres entre polar et étude psychologique. On mène en effet l’enquête aux côtés de Jackson Brodie, mais l’on découvre aussi, avec assez bien de précision, les tempéraments hauts en couleurs des personnages qui prennent place au sein du roman. A travers eux, Kate Atkinson introduit de piquantes critiques de notre société avec un humour singulier que l’on pourrait volontiers qualifier de féroce.

Il est des choses que Kate Atkinson gère avec brio : l’entremêlement des histoires, les prises de parole ou de pensée des personnages, les flashback et les ellipses, les parenthèses (c’est, je crois, ce que j’ai le plus apprécié), et la faculté de nous faire passer de l’amusement au malaise (je n’emploie pas l’expression « du rire aux larmes », car je n’ai pas subi d’états d’âme aussi excessifs…).

Néanmoins, plusieurs aspects m’ont dérangée, à commencer par le nombre d’intervenants (près de 45, selon mon arbre généalogique) qui rend le roman d’une complexité abominable (lecteurs, un conseil, ne vous attaquez pas à La souris bleue sans un crayon et une feuille de papier !). Ensuite, j’avoue n’avoir rien compris à la troisième affaire (relative à Michelle) : je n’ai saisi ni le dénouement, ni le lien éventuel qui la reliait aux deux précédentes1. Enfin, j’ai trouvé la fin de ce roman d’une platitude telle que j’ai refermé le bouquin en grommelant le mot de Cambronne.

Je pense que cette lecture ne restera pas gravée dans ma mémoire, mais je ne nie pas avoir parfois pris beaucoup de plaisir à suivre certains personnages (Amelia en particulier).

Je suis en définitive contente d’avoir découvert le style de cette fameuse auteure, mais je ne pense pas me presser au portillon pour acquérir ses inédits dès leur sortie comme toi, Rethymna. Cela dit, encore un grand merci de m’en avoir fait cadeau ! :)

  1. Non, je l’avoue, je ne sais quand j’ai décroché mais je ne sais toujours pas qui est Caroline, en quoi Shirley ment, ce qui est advenu de Michelle ou de Tanya, … Si quelqu’un pouvait m’éclairer, je lui en serais d’ailleurs très reconnaissante :/ []

N’oublie pas d’être heureuse / Christine Orban

 

orbnou

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:left: Ma mère disait : N’oublie pas ton chapeau. Mon père disait : N’oublie pas d’être heureuse. J’entends encore leurs voix portées par une conviction si simple qu’elles n’appelaient aucun commentaire. Comme s’ils pressentaient à quels dangers je pourrais m’exposer… :right:

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:fond: Dans ce roman, Marie nous livre les souvenirs de son enfance et les affres de son avenir ; ses rêves de fillette et ses désillusions d’adulte.

Ce livre est scindé en deux parties. La première est consacrée à Fédala (Mohammediah, Maroc) où Marie a vécu son enfance.
La narratrice nous y raconte sa période la plus douce, entourée de sa mère, de son père, de sa meilleure amie Sofia et de son excentrique et admirée marraine Fifi qui, chaque année, prend congé de Paris pour venir se reposer à Fédala auprès de sa famille.

La seconde partie du roman se déroule à Paris, la ville de son choix, celle où elle a rêvé de vivre du temps de sa jeunesse mais où elle ne parvient définitivement pas à s’intégrer…

:forme: Une écriture simple et sensible. J’ai noté plusieurs extraits bien que ce fut plus souvent pour la justesse du message que pour la beauté de la plume.

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:br:

Ce roman aborde le choc culturel et intellectuel qui oppose deux civilisations d’une part (Fédala -Terre de simplicité, de spontanéité, de chaleur et de connivence- et Paris -Ville froide, rigide et sans âme-), et deux âges d’autre part (la naïveté et l’insouciance de l’enfance ; le réalisme, les contrariétés et la nostalgie propres à l’âge adulte).

N’oublie pas d’être heureuse est un roman d’apprentissage fortement inspiré de la vie de l’auteure elle-même. Ce livre est ponctué de réflexions introspectives et existentielles, mais, sans qu’elles soient pour autant stériles, elles m’ont paru assez mièvres.

Ce roman se lit rapidement et demeure assez agréable. Néanmoins, il ne m’a pas vraiment transportée. J’estime que l’importante médiatisation duquel il a été la cible n’égale pas sa qualité : je l’ai lu sans être gagnée, malgré quelques jolis passages.

  Attendez, hein ! ;)