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Categorie '* | J’ai subi'

Petits suicides entre amis / Arto Paasilinna

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:left: «Songez-vous au suicide ? Pas de panique, vous n’êtes pas seul. Nous sommes plusieurs à partager les mêmes idées, et même un début d’expérience. Écrivez-nous en exposant brièvement votre situation, peut-être pourrons-nous vous aider. Joignez vos nom et adresse, nous vous contacterons. Toutes les informations recueillies seront considérées comme strictement confidentielles et ne seront communiquées à aucun tiers. Pas sérieux s’abstenir. Veuillez adresser vos réponses Poste restante, Bureau central de Helsinki, nom de code « Essayons ensemble ».» Deux suicidaires se retrouvent fortuitement dans une vieille grange où ils souhaitaient partir tranquilles. Entravés dans leurs funestes projets, ils se mettent en tête de rassembler d’autres désespérés pour monter une association. Commence alors, à bord d’un car de tourisme flambant neuf, un périple loufoque mené à un train d’enfer, des falaises de l’océan Arctique jusqu’au cap Saint-Vincent au Portugal pour un saut de l’ange final. Un récit désopilant doublé d’une réflexion mordante sur le suicide. :right:

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:fond: Onni Relonnen et Hermanni Kempainnen ont envisagé de se donner la mort le même jour, à la même heure et au même endroit. Ces velléités communes leur ont permis de se rencontrer et de tisser très rapidement une amitié. Ce n’est toutefois pas ce qui annihile leur envie d’en finir. Au contraire, leur vient l’idée de publier une annonce visant à rassembler les suicidaires de Finlande1 pour que l’acte soit réalisé dignement… et en groupe. Mais quelle n’est pas la surprise des deux individus de constater que près de six cents candidats ont répondu à leur invitation !

Retournement de situation : Relonnen et Kempainnen se sentent subitement responsables de la survie de plusieurs centaines d’êtres humains… Cependant, les suicidaires n’entendent pas se laisser convaincre de prolonger leur navrante existence. A la suite d’un colloque très alcoolisé, ces derniers vont d’ailleurs désigner le colonel Kempainnen comme guide et responsable de leur groupe, lui confiant la mission de les mener tous ensemble aux portes de l’enfer. De ce rassemblement résultera le projet d’un voyage en car vers le sud, voyage au terme duquel devront advenir les funestes perpectives de tous ces candidats au suicide…

:forme: S’agit-il de la plume de Paasilinna ou de la traduction qui a été faite de ce roman ? J’ai trouvé l’écriture grossière. La narration de cette histoire m’a paru sans saveur…

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Je n’ai adhéré ni au style, ni à l’histoire, ni à l’atmosphère. Il faut dire que le roman regorge de personnages qui, en plus de pâtir de noms aussi illisibles qu’imprononcables2 pour la pauvre latine que je suis, se multiplient de chapitres en chapitres.

Ma mémoire a rechigné catégoriquement à enregistrer le destin subi par chacun des suicidaires ainsi que le nom et les caractéristiques qui leur étaient propres… La pluralité de personnages au sein du roman n’a cependant pas été le moteur de mon déplaisir, car la déception a immergé dès les premiers chapitres, où seuls figuraient Rellonen et Kempainnen…

Le problème de ce roman, c’est qu’il ne comprend que des faits.
Rien n’est approfondi. Même pas l’histoire personnelle des personnages  ou leur psychologie : quelques paragraphes ou quelques pages suffisent à dresser un portrait. Qu’y trouve-t-on? : leur profession, leur attitude générale, et la cause de leur désarroi, brossée vite fait. Bref, inutile de dire que ce roman n’est pas pour créer l’empathie. Mais lorsque le style m’est hostile, et que les personnages d’un roman sont esquissés de façon si évasive qu’on les confondrait avec feuilles blanches, que reste-t-il… ? Pour moi, rien. Rien pour me séduire. M’accrocher à ces personnages avait tout d’une mission impossible : en vérité, ils disparaissaient de mon esprit aussitôt le chapitre en cours achevé…

Mon imagination, désoeuvrée, s’est plainte de ne pas même trouver une brêche dans laquelle s’immiscer pour s’animer un rien. Il n’y avait qu’à assimiler, tant et plus, qui était qui, avait vécu quoi et participé de quelle manière au périple,
Mes tripes ont pleuré de ne pas pouvoir souffrir aux côtés des acteurs du roman. Confrontées à du vide, privées de compassion, passives, elles ont pâti d’un ennui innommable.

On dit de ce roman qu’il est désopilant, cynique, bien mené ; je l’ai trouvé malsain, grotesque, insipide, harassant (pardon, j’y vais sec !).
Rongée par l’écoeurement3, j’ai choisi d’interrompre le supplice à mi-course… Et, seigneur, quel soulagement !

lecco

Ce livre a été lu à l’occasion d’une lecture commune avec Bladelor. J’espère qu’elle aura apprécié ce roman beaucoup plus que moi… :/

  1. La Finlande est, si l’on en croit l’auteur, un pays où le désespoir et la morbidité demeurent des ressentis fondamentalement tabous. []
  2. Des noms où sont redoublées les consonnes, les voyelles, et où les tréma pleuvent sur chaque mot []
  3. J’ai traîné cette lecture tel un boulet durant près de deux semaines… []

La joueuse d’échecs / Bertina Henrichs

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:left: Un jeu peut-il faire basculer la vie d’une femme ? Difficile de le croire. Dans l’île de Naxos, les joueurs de trictrac sont légion, mais jamais aucune femme n’a approché les pions noirs et blancs. Quant à ceux d’un échiquier, n’y pensez même pas ! Cependant, pour Eleni, prise dans une vie sans aspérités et sans folie, le plus vieux jeu du monde sera le début d’une aventure qui la mènera jusqu’à l’émancipation. :right:

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:fond: Eleni, femme de chambre dans un hôtel grec, se laisse porter par une vie familiale terne et sans saveur. D’un tempérament flegmatique, peu ambitieux et rêveur, cette dernière va bientôt s’animer en découvrant, dans la chambre d’un jeune couple parisien, un grand échiquier où s’étale une partie inachevée.

Eleni, vivifiée à la vue de ce jeu, s’enthousiasme à l’idée d’en offrir un à son époux Panis à l’occasion de son anniversaire. Confrontée à l’évidente indifférence de ce dernier pour son cadeau, cette femme va entreprendre d’assimiler les règles du jeu seule et en cachette de tous. Peu à peu, va naître en elle une passion pour les échecs, passion qui indisposera violemment Panis une fois averti de la nouvelle…

:forme: La joueuse d’échecs est un livre truffé d’imparfaits, ce qui rend la progression du livre infiniment lente. Le style de Bertina Henrichs m’a profondément éreintée, d’autant que j’ai trouvé l’esthétique de sa plume assez incertaine…

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J’ai cru que ce roman pourrait me plaire puisqu’il abordait une thématique afférente à celle de La fenêtre panoramique, à savoir, la routine familiale. Cependant, ce livre est loin de traiter le sujet de la même manière… Pour commencer, l’univers psychologique des personnages est extrêmement moins fouillé dans La joueuse d’échecs que dans le roman de Richard Yates…
Les romans qui proposent des aventures sans creuser la personnalité des personnages ont généralement propension à me lasser, ce qui fut royalement le cas de celui-ci.

Ce récit m’a paru plat, fade et gauche, à l’image de l’Eleni qu’il nous est permis de rencontrer au début du livre. Malheureusement, sa petite résistance révolutionnaire (à l’égard de son mari, mais aussi de tout son village qui, un peu comme dans La Méthode Mila, demeure résolument réfractaire aux dispositions intelligentes et aux penchants culturels – Quelle idée !) ne permet en rien au roman de s’élever.

Ce fut une lecture pour laquelle mes yeux n’ont daigné faire qu’effleurer chaque page dès la moitié du livre…

Avant de commencer le roman, je m’enthousiasmais à l’idée de visionner le film La joueuse récemment adapté par Caroline Bottaro, mais à présent, j’ai grand mal à visualiser Sandrine Bonnaire dans la peau d’Eleni… Pour l’avoir vue jouer à plusieurs reprises le rôle de personnages anxieux, nerveux, et presque trop dynamiques, je ne trouve pas que l’actrice et la joueuse d’échecs puissent faire un à l’écran…

Je tâcherai tout de même de me procurer le film de manière à rendre cette idée concevable…

Et vous, qu’en avez-vous pensé?

La mer / John Banville

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:left: A la mort de sa femme, Max décide de retourner aux Cèdres, propriété du bord de mer et maison de son enfance.
Tiraillé par le chagrin, la colère et l’insondable douleur du deuil, il se réfugie dans le passé, pour  » échapper au présent froid et à l’avenir encore plus froid « . Il y revit ces moments d’enfance, troublé et fasciné par la famille Grace : Constance, la mère séductrice ; Carlo, le père autocrate ; et puis les mystérieux jumeaux, Chloé et Myles, le garçon muet. II y revit aussi ce tragique événement qui marquera au fer rouge le reste de son existence. :right:

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:ap:

:fond: Un homme veuf se rend à la destination de vacances à laquelle il se rendait autrefois et laisse ses souvenirs refaire surface peu à peu…

Ces nombreux souvenirs constituent des « switchs » souvent brutaux sans association d’idées. Ce manque de continuité m’a hélas définitivement empêchée d’accrocher à l’histoire.

:forme: Prétendant que « La Mer est un roman d’une beauté envoûtante, mélancolique et sensuelle sur l’amour, la perte et le pouvoir de la mémoire », la quatrième de couverture donne du crédit au bouquin. Aussi, le Booker Prize qui a été décerné pour ce titre en 2005 confirme que le public a reçu cette oeuvre très favorablement…
En ce qui me concerne, j’ai trouvé la plume de l’auteur à la fois insipide et maniérée.

Je ne résiste d’ailleurs pas à l’envie de partager avec vous un extrait que j’ai trouvé particulièrement peu convaincant :

« Il y avait toujours un chien à l’attache, sous une carriole penchée, qui me jaugeait du regard lorsque je passais devant lui sur la pointe des pieds pour éviter d’écraser une crotte de poulet, et aussi un cheval blanc sale qui sortait la tête par-dessus la demi-porte de la grange et m’observait en coulisse d’un œil amusé et sceptique sous un toupet blanc crème fumé de la même nuance que les fleurs de chèvrefeuille. »

Qu’en dites-vous… ?

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Bien que j’aie lu une critique rassurante informant du fait que La mer commençait à prendre tout son sens dans les dernières pages, j’ai abdiqué au tiers. Certes, je sais que c’est un peu rapide pour critiquer,  mais, convaincue que les sujets les plus noirs sont souvent ceux desquels on parle le mieux, je m’étais dit qu’avec le thème d’un deuil amer, je ne pouvais que m’attendre à une acuité du verbe remarquable ou, du moins, à un roman exprimant des sentiments à foison…

Eh bien non. Max, le narrateur, semble constamment indolent même lorsqu’il affirme qu’il est « meurtri » et risque de se « dissoudre en une flaque de larmes honteuse » à tout moment. Son expression m’a paru d’une telle atonie que ses démonstrations de souffrance n’en sonnaient que plus fausses.

En conclusion, La mer est pour moi un roman décousu et d’une platitude accablante…

Ivresse de la métamorphose / Stefan Zweig

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:left: Dernière oeuvre de Stefan Zweig, non publiée de son vivant, ce véritable testament romanesque nous transporte dans l’Autriche de l’entre-deux-guerres, déjà convoitée comme une proie par l’Allemagne nazie. Christine, modeste employée des Postes, a vu mourir son père et son frère. L’invitation impromptue d’une tante d’Amérique, riche et fastueuse, achève de la révolter contre la médiocrité de sa vie, sentiment qu’elle partage bientôt avec Ferdinand ; ancien combattant, mutilé, devenu chômeur. Mais l’argent et la puissance mènent le monde, non pas l’amour. Devant le lent naufrage de l’Europe dans la barbarie, le couple s’enfonce dans une désespérance qui semble annoncer le suicide, en 1942, du grand écrivain autrichien, auteur d’Amok et de La Confusion des sentiments. :right:

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:ap:

:fond: Le résumé de l’éditeur est étrange puisqu’il annonce de but en blanc toute l’intrigue : son début et sa fin.

Comment être tenu en haleine par un roman dont on connaît d’avance la chute, à savoir le suicide… ?
Comment préserver la curiosité lorsque l’on a noyé tout suspense?
Voire… Comment ne pas se réjouir par avance de la mort du personnage principal lorsque celui-ci nous donne de l’urticaire1 et que, de surcroit, la forme du roman nous pèse?

:forme: J’ai trouvé que l’Ivresse de la métamorphose était une oeuvre stylistiquement lourde.

Zweig a noirci des pages et des pages à décrire le pauvre univers de Christine, puis son émerveillement outrancier face à un univers de faste et de frivolité, ensuite son brusque et pénible retour à la réalité et enfin, ses velléités de suicide. Ces quatre états sont exposés en 50 à 100 pages chacun… Il va sans dire que la progression de l’histoire est infiniment lente et que cette stagnation littéraire m’a puissamment lassée.

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Comment oser avouer publiquement qu’on a déprécié un classique qui a semblé séduire le plus grand nombre?
Comment en faire une critique sans paraître prétentieuse?

Les lecteurs « avertis » savent combien il peut être difficile d’apprécier un roman lorsqu’il succède à un autre2 qui a eu sur vous un impact considérablement positif.
Lorsque l’on s’est vu agréablement bouleversé par un livre, ceux qui passent ensuite entre vos mains peuvent parfois paraître lassants, rébarbatifs ou dénués d’intérêt.

Je pourrais me retrancher derrière cet argument pour justifier le fait que je n’aie pas apprécié l’Ivresse de la métamorphose

Je pourrais aussi mettre en évidence le contraste béant qui opposait ce roman et celui des Demeurées, de Jeanne Benameur car il est vrai que Zweig met une énergie folle à décrire de manière quasi incessante des faits, des intentions et des ressentis, alors que Jeanne Benameur, quant à elle, parvient à dénoncer tout par simple suggestion.
Il est quasiment inenvisageable de comparer un auteur autrichien du XIXe à une écrivaine française du XXIe, j’en suis tout à fait consciente, mais la succession de mes lectures m’y force : je n’ai pas pu m’empêcher de constater la façon dont Zweig s’acharnait sur la description de chaque chose, alourdissant de ce fait son récit tandis que Benameur, en frôlant à peine les objets de sa narration, parvenait à créer un univers grandiose…

Mais ces arguments-là ne servent qu’à innocenter avec facilité ma résistance au roman…
A vrai dire, l’Ivresse de la métamorphose aurait pu faire suite à une autre lecture « abrupte » que ça n’y aurait rien changé, car la forme de Zweig, dans cette fiction-là, est lourde. Trop lourde.

Après avoir lu du même auteur Le joueur d’échecs et avoir beaucoup apprécié cette fiction, j’avais souhaité poursuivre ma découverte de ses œuvres, mais cette dernière lecture, éprouvante, m’handicape très sérieusement : je ne pense pas être capable de rouvrir un Zweig avant dix ans…

  1. Bien que ses sentiments soient rendus compréhensibles compte tenu de sa condition, la naïveté de Christine dans la première partie du livre, puis son dédain dans la seconde, m’ont été insupportables… []
  2. J’ai précédemment lu Les demeurées de Jeanne Benameur []

  Attendez, hein ! ;)