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Archives de octobre 2008

De la bouquinosphère

Plusieurs outils documentaires – désignés, selon l’acception wikipédienne, comme étant des applications de catalogage socialpermettent aujourd’hui aux utilisateurs de s’intégrer dans un réseau et d’y tenir une bibliothèque virtuelle personnelle où ils peuvent recenser les médias qu’ils possèdent, les évaluer, les critiquer, puis comparer leurs opinions (toutes les bibliothèques étant interconnectées).

Si vous avez cliqué sur l’article de Wikipédia que je vous ai laissé ci-dessus, vous constaterez que les applications ne se limitent pas au catalogage exclusif des livres – c’est bien normal – mais je ne m’intéresserai aujourd’hui qu’à ce type de support en particulier.

Dans ce billet, je m’engage à dresser un topo comparatif des applications de catalogage de livres que j’ai dénichées. J’ai en effet pensé que ça pourrait être utile à ceux qui, en raison de l’offre d’ores et déjà trop large que la toile présente, rencontreraient des difficultés pour un choix éventuel.

D’applications 2.0 permettant la gestion de bibliothèques, j’en dénombre une dizaine à l’heure qu’il est mais que je n’ai pu m’intéresser de près qu’à la moitié d’entre elles. Voici le bilan :

Babelio:9:

  • L’application est uniquement francophone
  • Elle comprend à ce jour plus de 91.300 ouvrages catalogués et près de 4.800 membres
  • L’inscription y est gratuite jusqu’à 300 livres (… mais vous avez la possibilité d’obtenir un espace plus grand pour une année supplémentaire si vous parvenez à parrainer 5 de vos connaissances)
  • Babelio est de loin l’interface la plus simple à utiliser
  • Sont possibles les ajouts de livres en modes automatique et manuel (à propos de l’ajout manuel : le catalogage des ouvrages y est rudimentaire et, pour l’instant, non éditable (titre, deux auteurs maximum et sans précision de fonction, éditeur, date de publication, ISBN, langue et résumé (facultatif))
  • Concernant l’indexation : les tags (mots-clés), en langage naturel, sont choisis par les utilisateurs eux-mêmes (à déplorer?)
  • Babelio offre un espace convivial : les lecteurs y font volontiers des pas vers les autres (puisse le nombre croissant de lecteurs ne pas contribuer à la perte de sa part intimiste et chaleureuse)
  • Les utilisateurs du site peuvent choisir de rendre leur bibliothèque privée
  • Babelio est en constante évolution : ses administrateurs prennent en compte les attentes des utilisateurs avec un très vif intérêt (les lecteurs leur en sont reconnaissants)
  • Elle propose des extraits des nouveautés littéraires publiées chez les éditeurs avec lesquels elle a établi un partenariat (une dizaine)
  • Elle a mis en place un projet qui porte ses fruits : Masse critique (voilà le concept : Vous êtes Belge, Français ou Suisse et vous écrivez un blog? Alors vous vous inscrivez à une session et vous recevez un ouvrage gratuitement en échange d’une critique sur Babelio et sur votre propre blog également)
  • Depuis décembre 2008, Babelio propose un widget simple pour l’affichage de vos lectures sur votre blog
  • Personnellement, je déplore juste l’esthétique un peu rococo / désuète, la surcharge visuelle du site

Readingsocial :8:

  • L’inscription y est gratuite
  • Readingsocial est une application spécifique de Livingsocial (Livingsocial propose le recensement d’une série de « choses » (je ne dis même pas « média » : un saut sur la page d’accueil vous éclairera directement à ce propos…)
  • Une application Facebook dérivée de Readingsocial a vu le jour et porte le nom de Visual Bookshelf
  • Les membres s’y expriment principalement en anglais, mais les critiques en langue française commencent à voir le jour : si vous alimentez Visual Bookshelf sous Facebook, vous verrez vos critiques apparaître sous Readingsocial sans divulgation de vos nom et prénom, mais avec votre photo de profil (!)
  • Site assez complet, très esthétique (le must parmi les outils ici présentés) et plaisant
  • Pas de catalogage ni d’indexation : les notices sont importées de Livingsocial ou d’Amazon

LibraryThing:7:

  • Il s’agit de l’application de book cataloging la plus réputée (j’entends celle dont on parle le plus sur les biblioblogs)
  • L’interface est multilingue et les livres qui y sont recensés le sont par conséquent aussi
  • Elle comprend près de 32.413.000 (!) ouvrages catalogués (le multilinguisme aidant) pour un peu plus de 39.500 membres (dont 3.893 seulement pour la communauté francophone)
  • LibraryThing est gratuit tant que vous ne dépassez pas les 200 livres
  • Le catalogage des ouvrages y est le plus rigoureux parmi les outils qui sont ici présentés (titre, auteurs (saisie illimitée et avec précision de fonction), éditeur, date de publication, notes, ISBN (tout sauf les séries et collections, en somme)). Aussi, les notices créées sont éditables.
  • L’indexation y est de deux types : naturelle (tags) et contrôlée (cotes LC et Dewey)
  • LibraryThing est liée à une série de catalogues tels que celui de la Library of Congress ou du Sudoc (voir importation de notices)
  • L’ergonomie et l’esthétique du site sont extrêmement pauvres
  • On reproche également à Librarything son manque de convivialité : face à Babelio, elle ne fait pas le poids (c’est la conséquence d’un manque d’animateurs, selon H. Guillaud)
  • Librarything a mis en place son propre Masse critique : il s’intitule LibraryThing Early Reviewers (fourniture gratuite de livres en avant-première aux membres qui s’engagent à les critiquer (aux membres anglais, français, italiens, américains, mais pas belges, attention))

Goodreads:6:

  • Inscription gratuite
  • Base de données reliée à celle de Goodreads et des différentes versions d’Amazon (.com, .ca, .uk, .fr, …) -> dysfonctionnement technique un rien ennuyeux : à chaque ajout, le choix de base de données par défaut se remet sur Goodreads où les livres francophones sont rares, ce qui implique la nécessité de resélectionner à chaque fois « Amazon.fr »
  • Essentiellement en anglais, ce qui peut poser problème aux lecteurs francophones souhaitant interagir en français
  • Possibilité de se créer une « liste d’amis » et d’interagir via des groupes et des messages privés (Inbox)
  • Complexité relative due au nombre de liens (onglets)
  • L’utilisateur peut choisir de rendre sa bibliothèque publique ou privée
  • Point très positif : Goodreads offre un condensé de toutes les informations souhaitées via la bibliothèque (my books), notamment du nombre de membres ayant ajouté les livres dans leur bibliothèque et de la moyenne générale des appréciations (pas d’obligation de cliquer sur la fiche d’un livre pour obtenir ces informations comme sur Babelio)
  • Widget sobre et esthétique pour l’affichage des lectures sur les blogs
  • Point négatif : pas d’indexation (tags) possible

Shelfari:5:

http://www.shelfari.com

  • Inscription gratuite
  • Le site est ergonomique, sobre et attractif
  • L’interface est en anglais et la plupart des critiques sont dans la même langue
  • Pas de catalogage : les notices sont importées depuis Amazon
  • Shelfari a développé une application Facebook Shelfari Books (à mes yeux moins bien que Visual Bookshelf de Livingsocial)

weRead (un nouveau nom pour IRead) - :5:

  • Inscription gratuite
  • Le site n’offre rien ne plus que Readingsocial. A l’instar de celui-ci, WeRead a développé l’application Facebook Books weRead

aNobii:5:

  • Inscription gratuite
  • Interface multilingue
  • Plus de 7.875.000 ouvrages intégrés sous aNobii (mais peu en français)
  • Très sobre et agréable d’un point de vue esthétique mais assez difficile à utiliser

Découvrez aussi : Bookrabbit, GuruLib, Reader²

Inversion / Brian Evenson

:9:

:re:
:left: Rudd, un lycéen dont le père s’est suicidé, découvre une série d’articles datant du début du XXe siècle qui font état d’un meurtre horrible commis par le petit-fils de BrighamYoung, l’un des premiers chefs de l’église mormone.
Se penchant sur la mystérieuse doctrine de l’expiation par le sang, un rituel qui semble à l’origine de ce meurtre, Rudd, avec l’aide de son étrange demi-frère Lael, décide d’en savoir plus et s’enfonce dans un passé de plus en plus trouble. Tout, dès lors, bascule très vite… Rudd est retrouvé un jour inconscient sur la scène d’un autre crime sanglant qui présente certaines ressemblances avec celui perpétré autrefois par le jeune Young.
La fille d’une des victimes, Lyndi, tente de l’aider à reconstituer ce qui s’est passé. Mais Rudd semble déjà être de l’autre côté du rideau obscur… Le cauchemar ne fait que commencer. Arpentant un univers proche de ceux de Lynch et Cronenberg, Brian Evenson poursuit, après les nouvelles de Contagion, son exploration méthodique d’un monde crépusculaire. Inversion est son premier roman publié en France. :right:

.
:ap:

:fond: L’intrigue d’Inversion est construite de manière admirable. Elle tient en haleine et coupe le souffle.
Purement psychologique, ce roman se focalise sur la mentalité dégénerescente d’un jeune homme de 18 ans.

A défaut de narrateur omniscient qui préside à l’expression des faits, Inversion charrie le lecteur dans un brouillard dense et délicieusement dérangeant qui l’amène progressivement à ne plus cerner les limites, à ne plus pouvoir distinguer la réalité de l’hallucination, le vrai du faux.

:forme: Le style est en harmonie avec l’intrigue. J’ai trouvé le travail des traducteurs  particulièrement impressionnant.

.

:br:

Ce roman m’a intriguée, happée, engloutie, puis rendue trop brutalement à la réalité, car devenue étrangère. Inversion est une fiction subtile, lourde en suspense et d’une qualité exceptionnelle.

Il va sans dire que je la recommande… Vivement !

Les métamoteurs en ligne

Polymeta:10:

A mon sens, il s’agit incontestablement du meilleur métamoteur que le web possède aujourd’hui. L’essayer, c’est l’adopter !

  • Recherche dans les moteurs Google, Yahoo, MSN (Livesearch), Ask, Exalead, AlltheWeb et Gigablast avec possibilité de sélection
  • Précision du nombre de résultats obtenu pour chaque moteur ayant été sélectionné
  • Spécification des moteurs d’où sont issus les sites et pages web obtenus en guise de résultat
  • Renvois d’orientation : liens parallèles permettant d’affiner la recherche à la manière de la base de données Inspec
  • Clair, ergonomique

Ixquick:10:

Plus riche quant aux moteurs de recherche interrogés, Ixquick rivalise de près avec Polymeta.

  • Les moteurs de recherche, répertoires de sites interrogés par Ixquick sont nombreux : All the Web, Gigablast, Voila, Altavista, GlobeTrotter, Wikipedia, Ask/Teoma, Google, Yahoo, EntireWeb, MSN, Exalead, Open Directory
  • Appréciation de la pertinence des pages recherchées : au plus le site est référencé parmi les moteurs inclus pour la recherche, au plus la page référencée semble « immanquable », des étoiles (indicateur qualitatif) attestent de la popularité du résultat
  • Options configurables pour l’utilisateur (paramètres personnels)
  • Spécification des moteurs d’où sont issus les sites et pages web obtenus en guise de résultat
  • Aide claire et structurée

Surfwax:8:

Surfwax interroge des moteurs, répertoires de sites et sites auxquels on ne penserait pas de prime abord. En ça, ce métamoteur demeure intéressant.

  • Recherches simultanées dans DMOZ (Open Directory project), HotBot, Yahoo, AllTheWeb, YahooNews, CNN et MSN (Live)
  • Précision du nombre de résultats obtenu pour chaque moteur ayant été sélectionné
  • Spécification des moteurs d’où sont issus les sites et pages web obtenus en guise de résultat
  • Manque de clarté : peu d’aération
  • Problème avec les accents (le moteur préfère les requêtes en anglais)

Metacrawler:7:

Il aurait peut-être gagné tous les honneurs si Polymeta n’avait pas moult qualités enclines à l’évincer ;)

  • Recherches simultanées dans Google, Yahoo, MSN (Live) et Ask
  • Pas de possibilité de choix concernant les moteurs à interroger
  • Spécification des moteurs d’où sont issus les sites et pages web obtenus en guise de résultat

Kartoo:3:

Métamoteur en carton qui ne mérite pas, me semble-t-il, la réputation qu’on lui connait.

  • Pseudo-esthétisme : on a misé beaucoup sur le design (plus que sur le reste, je crois)… Mais voilà, parlons franchement : c’est illisible
  • Présentées sous forme de pseudo-carte conceptuelles, les pages visant à proposer des résultats arborent une allure brouillon et dérangeante qui empêchent les utilisateurs de suivre une logique ordonnée dans leur découverte des liens proposés en guise de résultat
  • Pseudo-renvois d’orientation : Kartoo vous trouve fréquemment de quoi rebondir sur des mots vides
  • Moteurs de recherche interrogés inconnus…
  • Ergonomie catastrophique
  • Un point positif tout de même : Kartoo tolère les troncatures (*)

  Attendez, hein ! ;)