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Archives de décembre 2008

La voyageuse de nuit / Françoise Chandernagor

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:re:
:left: Que savons-nous de nos « proches » ? Lorsque Olga, malade, coupe brusquement toute communication avec son entourage, ne parle plus, ne regarde plus, ce sont ses filles qui ouvrent les yeux sur ce qui les sépare. Dans cette famille en apparence si unie, chacune des quatre sœurs a, en effet, sa propre vision de la mort et sa propre vision de la mère. Les voilà renvoyées à leur enfance et confrontées à cette vérité : dans une famille, personne n’a eu la même mère.

Parce que Olga, silencieuse, les yeux fermés, est en train de s’effacer, chaque fille découvre sur « le clan », un clan étrangement matriarcal, ce qu’elle ne savait pas ou n’avait pas voulu savoir — petits secrets qui recomposent peu à peu un puzzle géant dont aucune, jusque-là, n’avait détenu toutes les pièces. :right:

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:ap:

:fond: C’est une des caractéristiques propres aux romans de Françoise Chandernagor, l’histoire progresse avec une infinie lenteur. L’action est en suspens, tandis que bouillonne le ressenti de chacun des personnages. Des personnages qui, malgré un passé commun, n’ont rien vécu de semblable. En effet, Katia, Véra, Sonia et Lisa Le Guellec, filles d’Olga, possèdent chacune leur histoire, leur vérité, leurs secrets. Au chevet de leur mère mourante (cancéreuse et en soins palliatifs), les quatre filles Le Guellec se relayent et font face à l’agonie de leur mère. Elles l’accompagnent et la soignent, tandis qu’Olga l’inflexible se mure dans un silence austère, difficile à vivre. Confrontées à cette situation délicate, les Le Guellec revivent leur enfance, leur adolescence ; expriment leurs souvenirs, exorcisent les blessures du passé et petit à petit, mettent au jour les maux des temps présents.

:forme: Dans ses descriptions de la noirceur et de la souffrance, Chandernagor excelle. L’écrivaine sculpte le ressenti de ses personnages avec précision, à l’aide de phrases percutantes, bouleversantes, … Bref, de façon inégalable.

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:br:

C’est à travers son roman La Chambre que j’ai eu l’occasion de découvrir Françoise Chandernagor. Ce livre avait pour moi été un véritable coup de coeur sur le plan stylistique.

Bien que l’auteure soit reconnaissable de par sa plume et son genre dans La voyageuse de nuit, ce roman me fut difficile à « ingérer ». En effet, celui-ci demeure considérablement long dans la narration de la souffrance et de l’agonie. Le récit se veut lourd, tragique, oppressant. Tellement oppressant que l’on ne sort pas de cette lecture indemne...

Néanmoins, La voyageuse de nuit n’en reste pas moins un roman introspectif d’une justesse et d’une précision remarquables. En dépit de la gravité des sujets qu’elle privilégie de manière quasiment systématique, le style de Chandernagor m’envoûte.

Ses histoires assomment, sa plume ressuscite. C’était long, oui… Mais ce n’est pas par masochisme qu’en arrivant à la fin de ce livre, j’ai éprouvé la frustration de l’avoir terminé… C’est que le cocktail est étrange, subtil, et que des plumes qui m’ébranlent comme la sienne, j’en connais relativement peu…

Masse critique

J’en parlais dans un billet précédent consacré à la bouquinosphère, Masse Critique est une initiative amorcée par les développeurs du site Babelio.

En partenariat avec une trentaine d’éditeurs, Babelio se voit, depuis 2007, régulièrement proposer à ses membres une série d’ouvrages récemment parus ou réédités.

Sont tirés au sort les membres ayant souhaité participer.
Ceux qui ont la chance de voir leur demande exaucée reçoivent le livre de leur choix gratuitement en échange d’une critique sur leur blog (car les membres doivent posséder et alimenter un blog pour répondre aux conditions d’inscription) et sur le site de Babelio endéans le mois qui suit la réception de l’ouvrage.

Pour cette nouvelle édition de Masse critique, j’ai été sélectionnée et j’aurai le plaisir de découvrir Le jour et l’heure de Guy Bedos, qui demeure le premier roman de l’humoriste français… Ainsi, vous saurez à quoi vous attendre, concernant l’une de mes publications du mois ;)

Cet article aurait du servir de buzz avant que l’opération ne soit clôturée, mais d’une part, j’ai manqué de temps pour bloguer et d’autre part -soyons honnête-, j’ai préféré mettre toutes les chances de mon côté pour obtenir le livre que je convoitais (la mauvaise ! :p ) … Du coup, ce billet servira d’information et d’exhortation à la veille pour les fois où l’événement sera réitéré.

En passant, j’en profite pour remercier le précieux hasard et les merveilleux responsables du site Babelio de m’avoir pleinement comblée (je ne lésine pas sur les qualificatifs, ils pourront ainsi y lire l’ampleur de ma joie :D ).

A bientôt.

  Attendez, hein ! ;)