La route / Cormac Mc Carthy


L’apocalypse a eu lieu.
Le monde est dévasté, couvert de cendres et de cadavres. Parmi les survivants, un père et son fils errent sur une route, poussant un Caddie rempli d’objets hétéroclites. Dans la pluie, La neige et Le froid, ils avancent vers les côtes du Sud, La peur au ventre: des hordes de sauvages cannibales terrorisent ce qui reste de l’humanité. Survivront-ils à leur voyage?
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Il ne reste que l’obscurité. Que la pluie, la neige et les cendres. Qu’un paysage désolé, ravagé par le feu.
Une catastrophe planétaire est en effet survenue quelques années plus tôt, mais nous n’apprendrons jamais quelle en a été l’origine.
Ils ne sont que quelques survivants car les denrées se font extrêmement rares et l’approche de l’hiver, toujours plus rude. Ils ont faim, froid et se cachent les uns des autres parce que certains d’entre eux, terriblement affamés, ne rechignent plus à se nourrir de leurs prochains.Sur la route, nous suivons un père et son fils. Leurs vies, comme celles des autres, ne tient désormais plus qu’à un fil. Marchant vers le Sud, leur quotidien n’est fait que de prospection de moyens de subsistance en tous genres (nourriture, couvertures, …). La route raconte toute la peine que se donnent deux êtres pour survivre, en ayant constamment la peur au ventre…
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Cormac McCarthy scinde son récit en paragraphes1 et les ponctue de phrases courtes, intenses et percutantes, propices aux questionnements et à la réflexion. Il alterne irrégulièrement entre action et dialogues – épurés -, et de sa prose se détache toujours une poésie inattendue.
La plume de McCarthy bouleverse et noue les gorges. La force qui se dégage de ce roman est sidérante.
Plonger dans ce roman, c’est se déconnecter de notre monde enchanteur, lumineux et coloré pour un univers dévasté où la vie n’existe (presque) plus.
Des années après la catastrophe, la nature est morte : les arbres calcinés se déracinent et jonchent le sol, un brouillard de cendres flotte en permanence et recouvre tout en son passage, la lumière et les couleurs ont disparu, laissant place à un environnement obscur et navrant…
Au milieu de la prostration2 des cadavres, survivent cet homme et son fils, dont la relation est sublime. Ensemble, ils mènent une lutte acharnée pour préserver leur raison d’être : l’espoir (il a beau n’avoir aucun fondement et tenir de l’absurde quand tous les possibles se sont éteints, l’espoir fait vivre).
Le père dépend du petit autant que celui-ci dépend de son père.
L’envie de survivre, il ne la doit qu’à son fils, car c’est à travers lui que se profile encore son but ultime : œuvrer pour la sauvegarde de ce qui, en lui-même, a fané, c’est-à-dire préserver cette lueur d’espoir qui sommeille encore au plus profond de son coeur alors qu’elle a désormais, semble-t-il, déserté tous les autres survivants ; apprendre à l’enfant à ne jamais renoncer…
Le petit est en effet l’incarnation de l’espoir et de l’humanité. Il est l’antithèse du monde terrifiant dans lequel ils évoluent. Il pourrait être le Dieu de tous ces hommes car rien, en lui, ne semble encore s’être vraiment altéré. L’enfance prodigue une force miraculeuse. Inégalable. Il est peut-être le seul chez qui l’humanité ait perduré…
L’homme et l’enfant s’épaulent l’un l’autre. Ce don de soi contraste fortement avec cette prégnante idéologie du chacun pour soi qui sévit tout autour d’eux. Ce type de contraste et les dialogues contribuent à rendre la relation du petit et de son père profondément émouvante…
La route est un roman oppressant et poignant. Un bijou dont le fond et la forme resplendissent, détonnant du misérable et terne décor exposé dans le récit.
Lecteur n’en revient pas de constater combien notre monde est encore beau une fois le livre clos. La maestria de McCarthy est évidente. La puissance de La route, irréfutable.
Le prix Pulitzer a été décerné à cette œuvre en 2008 et l’a, il me semble, amplement mérité.



Il ne reste que l’obscurité. Que la pluie, la neige et les cendres. Qu’un paysage désolé, ravagé par le feu.
Cormac McCarthy scinde son récit en paragraphes





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