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La grammaire est une chanson douce / Erik Orsenna

:6:

:re:

:left: Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue : Je t’aime. Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur la blancheur des draps. Il me sembla qu’elle nous souriait, la petite phrase. Il me sembla qu’elle nous parlait : - Je suis un peu fatiguée. Il paraît que j’ai trop travaillé. Il faut que je me repose. - Allons, allons, Je t’aime, lui répondit Monsieur Henri, je te connais. Depuis le temps que tu existes. Tu es solide. Quelques jours de repos et tu seras sur pied. Monsieur Henri était aussi bouleversé que moi. Tout le monde dit et répète « Je t’aime ». Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s’usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver. :right:

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:ap:

:fond:  Tout se passe dans le regard de Jeanne, une fillette de dix ans qui, en compagnie de son frère aîné Thomas, part rejoindre l’un de ses parents divorcés en bateau.

A la suite d’une tempête survenue en pleine mer, les deux enfants, choqués, perdent l’usage de la parole. C’est alors que survient Monsieur Henri. Il leur fait découvrir un univers où les mots et règles propres à la langue française sont érigés en quasi-divinités tout à fait fascinantes. Grâce à Monsieur Henri, Jeanne et Thomas vont donc avoir la chance de voyager au sein de ce monde merveilleux qui, à terme, devrait leur permettre de recouvrir le langage et leur voix.

:forme:  Un ton léger, un style simple, un roman très imagé et poétique aux allures de conte.

Cette description plutôt objective ne divulgue rien de mon inadhésion au roman mais je vous le dis, j’en attendais en vérité beaucoup plus !

De par la passion que voue Orsenna à la langue française, je pensais que j’aurais affaire à un véritable Chef d’oeuvre, au travail bouleversant d’un Virtuose du Verbe. Bref, je pensais être envoûtée par la prose d’Erik Orsenna comme je l’ai été en lisant Françoise Chandernagor ou René Pons, mais l’auteur est à des kilomètres de ce qui me fait chavirer, tant au niveau de la forme que du fond.

Stylistiquement, il a bel et bien une « marque de fabrique », une singularité pleine d’humilité et de gentillesse, mais cette petite fable manquait pour moi cruellement de relief.

Un roman en forme de friandise. J’ai probablement rencontré des difficultés à l’aimer parce qu’en littérature, je préfère de loin ce qui est amer, sûr ou épicé…

:br:

J’ai lu ce roman en deux heures.

Très récalcitrante au départ, il m’a fallu un peu m’accrocher puis, progressivement, les pages se sont succédées toujours plus vite.

Je n’ai pas éprouvé beaucoup de plaisir à la lecture de ce livre, mais je l’ai néanmoins trouvé facile et divertissant.

Je ne lirai sans doute pas d’autre roman de cet auteur et ai d’ailleurs pris peur par extension, en pensant à Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi de Mathias Malzieu, un livre chargé en féérie que j’avais ajouté à ma LAL.
Avis à ceux qui auraient déjà lu des romans de cet auteur : son style peut-il être rapproché de celui d’Orsenna? Le cas échéant, mieux vaudra-t-il, sans doute, que je biffe cette tentation littéraire… :(

Commentaire(s) (5 commentaires)

Pas grand-chose de commun, à mon sens, entre Orsenna et Malzieu, sinon le côté « poétique » : Orsenna est poétique dans la forme et Malzieu dans le fond, à mon avis.

J’ai aimé « La grammaire … », mais c’est vrai que c’est gentillet. On dirait un conte pour enfants, dans le côté léger du style.

Je n’ai pas lu d’autres livres d’Orsenna après ça …

Au fait, savais-tu que le personnage de monsieur Henri est inspiré par Henri Salvador ? Bisous !

Rethymna / 17 septembre 2009, 18:20

Je comprends ta déception … si tu attendais un effet de style, ou une recherche super travaillée de l’écriture, ce n’est pas le cas ici. ;)
Mais avoue qu’on se laisse bien emporter par la musique de ce récit ? :)

Leiloona / 17 septembre 2009, 18:21

Un titre est dans ma LAL depuis bien longtemps… Je devrais peut-être le supprimer depuis le temps…

Theoma / 18 septembre 2009, 23:06

Rethymna > Bien, je suis rassurée (un peu) pour Malzieu. Je tenterai quand même l’expérience, donc !
Sinon, je suis étonnée que pour une fois, nous soyons d’accord, ne fut-ce sur ce qualificatif que je n’ai même pas osé utiliser : « gentillet » ! C’est exactement ça !

Leiloona > Oui, on se laisse porter, je le reconnais… Mais bon… J’ai connu des vagues plus « délirantes » ;)

Theoma > Effectivement, quand un livre traîne dans une LAL, ça ne sent pas bon… Cela dit, peut-être aimerais-tu bien plus ce roman que moi? On ne peut jamais savoir… :/

Reka / 19 septembre 2009, 12:32

J’ai beaucoup aimé cette petite lecture, très simple il est vrai, et un peu trop rapide. Mais quel charme !
Bonne journée !
Marie

Marie / 21 septembre 2009, 08:14

Qu'en pensez-vous?

  Attendez, hein ! ;)