L’homme que l’on prenait pour un autre / Joël Egloff

Avec un visage très commun, on court toujours le risque d’être confondu avec quelqu’un d’autre. En général, la méprise apparaît rapidement et chacun s’excuse, penaud, de son erreur. Mais ce n’est pas le cas de cet homme qui finit par se laisser aller, résigné, à être ceux pour qui on le prend. Il est cependant très compliqué, voire épuisant, de vivre plusieurs existences à la fois… surtout quand ce ne sont pas les siennes !
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Ce roman raconte l’histoire d’un homme dont le physique est si commun qu’il est constamment confondu avec d’autres gens. N’ayant aucun proche dans sa vie à l’exception d’une vieille dame un peu démente1, celui-ci s’ennuie et se sent seul.
Dans l’attente perpétuelle qu’une lettre ou qu’une carte postale lui parvienne, l’homme ne peut néanmoins que refuser le courrier sur lequel figure son adresse puisqu’il est adressé à d’autres destinataires… Forcé d’admettre que son nom n’existe décidément pour personne – même pas pour l’administration ! -, il se résout à accepter les lettres destinées à ce Pierre Simon qu’il n’est pas, quoi qu’en dise son facteur. C’est finalement par lassitude de contredire les inconnus qui l’accostent dans la rue et par désespoir de ne rien vivre que l’homme va prendre le parti d’accepter d’être tous ces autres qu’il n’est pas et de mener leur vie comme s’il était eux…
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Le style de Joël Egloff est désopilant, absurde, fantasque, imprévisible. Ce roman est écrit sans fioritures, d’un trait spontané et inspiré. La plume de l’auteur m’a de temps en temps fait penser aux prises de parole du petit Oskar dans Extrêmement fort et incroyablement près de J. Safran Foer. Bref, vaguement rapproché de ce roman qui demeure jusqu’alors mon livre de chevet, L’homme que l’on prenait pour un autre avait de grandes chances de me plaire… Et c’est ce qui est arrivé.
Ce roman est surprenant en ce sens qu’il développe un sujet plutôt triste et que rarement s’est effacé de mes lèvres ce sourire que j’ai esquissé dès les premières pages. A vrai dire, l’homme extériorise d’extravagantes divagations en continu, et c’est un vrai régal de lire autant de truismes qui sont lancés d’un air tellement naïf et farfelu. Ce livre est original et insolite. J’ai vraiment apprécié de suivre cet homme qui, bien que presque démuni d’identité, est truffé de singularités : l’étourderie, l’excentricité, le pacifisme et la docilité me l’ont rendu vraiment attachant.
J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce roman et remercie vivement la maison d’édition Pocket et Blog-o-Book d’avoir contribué à me l’offrir !
- Il l’appelle « sa tante » mais il ne sait, à vrai dire, même plus quel lien familial les rapproche. [↩]



Ce roman raconte l’histoire d’un homme dont le physique est si commun qu’il est constamment confondu avec d’autres gens. N’ayant aucun proche dans sa vie à l’exception d’une vieille dame un peu démente
Le style de Joël Egloff est désopilant, absurde, fantasque, imprévisible. Ce roman est écrit sans fioritures, d’un trait spontané et inspiré. La plume de l’auteur m’a de temps en temps fait penser aux prises de parole du petit Oskar dans 



Commentaire(s) (7 commentaires)
Julien / 29 septembre 2009, 23:39
Quant à Egloff, je l’aime beaucoup, ce livre ci n’est pas mon préféré (c’est celui qui a eu le prix du livre inter), en fait j’ai lu quatre livres de lui, ce doit être tout d’ailleurs!
keisha / 30 septembre 2009, 11:58
Damien / 30 septembre 2009, 22:15
A vrai dire, ce n’est pas l’intrigue qui compte, mais la façon dont l’homme pense et mène sa barque… C’est juste absurde, tout le temps.
Je pourrais te dire que l’homme va s’attacher au destinateur du courrier envoyé à Pierre Simon, qui n’est autre qu’une amante transie répondant au prénom de Mirna ; qu’il va se retrouver dans la peau du compagnon de cellule d’un malotru recherché par la police, et qu’il va aussi prendre la place d’un mari et père ayant abandonné sa petite famille… mais est-ce que ça donne davantage envie de découvrir le livre?
Sinon, Pivot en parle très exhaustivement de ce côté
Keisha > Oui, il faut le découvrir vite !
Il ne fait aucun doute que je lirai l’un des autres romans de J. Egloff tôt ou tard, à commencer par le prix Inter (L’étourdissement). Dommage que tu n’en aies pas fait la chronique dans ton blog… Ce sera donc pour moi une surprise !
Damien > Tu fais bien !
J’ose espérer qu’il te plaira.
Reka / 30 septembre 2009, 23:44
liliba / 11 octobre 2009, 12:48
Yv / 11 octobre 2009, 15:04
J’espère que tu apprécieras L’homme que l’on prenait pour un autre autant que moi. Je guetterai d’ailleurs une éventuelle chronique au sujet de ce roman sur ton blog. S’il s’agit de ta prochaine lecture elle devrait apparaitre imminemment, non?
Yv > Je suis étonnée, je pensais que nous n’étions/serions pas des masses à aimer les romans de cet auteur. Je pensais que l’absurde avait propension à faire peur… Je suis contente de constater que je me trompais. Fais-moi signe quand tu l’auras lu en me faisant part de ton avis, si tu y penses !
Reka / 11 octobre 2009, 15:21
Qu'en pensez-vous?